Gris. Il faisait tout gris ce matin-là. Grisaille et
brouillard. Alors, avec papa
et maman, on est allé promener Filou au parc. Filou, c'est mon chien.
Au parc, il y avait un monsieur qui vendait des ballons de toutes les couleurs.
Comme on était quatre, papa a acheté quatre ballons ; mais c'est moi qui les
ai tous reçus. J'étais content, je marchais en regardant en l'air. Il y avait un
ballon rouge, un jaune, un bleu et un blanc ; je les tenais en mains par les
ficelles et j'avais l'impression que j'allais m'envoler. A partir de ce moment, j'eus toujours des ballons accrochés aux mains.
Ainsi, j'oubliais le temps gris. Je vivais le nez en l'air et j'étais heureux.
Puis, un jour, Filou est mort.
Et j'ai été promener tout seul dans le parc. J'étais
perdu dans mes pensées ; je ne l'ai pas vu venir. Pendant que je
marchais, un monsieur gris est sorti de l'ombre et s'est approché de moi.
Il avait sans doute une épingle en main car, tout d'un coup, il a fait un geste
et, PAF ! mon ballon jaune
a éclaté. Le méchant bonhomme, lui, a éclaté
de rire et s'est enfui en courant.