Mais à
la faveur de leur festin, les deux
hommes lièrent conversation. Le vieux
monsieur dit s'appeler Auguste Cabanis
et confia à Louis qu'il venait tous les
jours à cet endroit, à heure fixe, sur ce
banc pour prendre l'air et nourrir les
oiseaux.
Il s'étonna
de ne jamais avoir rencontré
Louis auparavant. Louis répondit qu'il
venait au parc seulement quand ses
études de médecine lui en laissaient
le temps.
Ils
causèrent quelques temps et, de fil
en aiguille, en vinrent à parler de musi-
que. Louis en raffolait. Auguste lui revé-
la que la famille Cabanis s'y adonnait.
Il était de tradition que chacun d'entre
eux jouât d'un instrument.
Les parents,
les enfants Cabanis se
donnaient du plaisir une fois par semai-
ne en se réunissant pour faire de la mu-
sique ! Il invita timidement son jeune
compagnon à venir chez lui, un soir,
écouter un petit concert (oh ! bien mo-
deste) de musique de chambre.
Si Louis
le voulait… Louis accepta,
enthousiaste. Dans ce cas, on l'atten-
drait, on le recevrait avec grand plaisir
le surlendemain, 12 rue des Petites
Ecuries, au troisième étage, à cinq
heures de l'après-midi.
Louis
Dubreuil fut exact au rendez-vous.
Madame Cabanis, une petite femme
replette aux yeux rieurs, lui ouvrit la
porte et l'accueillit avec empressement.