Aujourd'hui, rien n'est pareil.
Les parents se ramollissent. Ils soignent
et cajolent leurs enfants. Et je te fais un bisou, je te raconte une histoire,
et je te dis que je t'aime, je te pardonne tes bêtises.
C'est révoltant, intolérable et inadmissible ! Pharphelulu est écœurée par
tant de bonne volonté sirupeuse qui rend les enfants sages et la laisse
affamée.
Elle s'acharne encore autour de son chaudron et récite toutes les
formules magiques de sa connaissance. Hélas ! Rien n'arrive ou si peu,
qu'elle en a perdu la mémoire. Maintenant, elle fait comme tout le monde,
elle va chez le boucher.
Mais c'est quand même la chair des enfants qu'elle préfère.
Petits enfants, méfiez-vous : elle est peut-être dans votre ville. Elle n'est
pas méchante, dans le fond, mais elle a très, très faim. Si vous avez
menti, si vous n'avez pas fait vos devoirs, si vous avez fait enrager
quelqu'un, prenez garde à Pharphelulu. Elle guette !