Elle
avait à peine fini de parler que commença sur le lit un étrange
grouillement de poupées qui dura jusqu'à l'aube. Le lendemain matin, lorsque la mère de Louisette souleva le drap où
elle pensait que sa petite fille se cachait, elle ne vit là-dessous qu'une
chose informe, une sorte de larve qui se tortillait sur le matelas. Cela
ressemblait vaguement à une ébauche de corps humain, bien qu'il n'eût
pas de visage ni de cheveux et seulement des moignons de bras et de
jambes. La police fut bien embarrassée de cette rare curiosité, elle la
confia à un laboratoire qui l'étudia sous le scalpel et le microscope.
Les recherches pour retrouver Louisette n'aboutirent jamais. Ce n'est que bien longtemps après la disparition de leur enfant que
les parents s'avisèrent que les poupées qu'elle avait tant maltraitées
semblaient neuves. Elles étaient entières, il ne leur manquait pas un
cheveu, pas un doigt, pas un œil. Ils ne comprirent pas ce miracle.
Seuls les meubles de la chambre auraient pu les renseigner, mais
les meubles ne parlent pas, pas plus que les poupées, sauf la nuit
d'Halloween.