- C'est vrai mais j'ai du
mal à m'y habituer… J'aime tant admirer les fleurs et
savourer tous les parfums de l'été ! C'est stupide, je sais qu'il ne peut en être
autrement et que les beaux jours reviendront à tire d'aile. Je ressens toujours un
petit pincement là... ajouta Violette, un doigt fin pointé sur son corsage nuageux,
couleur d'albâtre.
Marguerite sourit. Elle comprenait les sentiments de sa compagne mais ce
n'était pas elles qui établissaient les règles. Elles n'étaient toutes les deux que
de modestes ouvrières, obéissantes.
- L'automne est tout aussi agréable et puis, bientôt, ce sera Noël !
- Que j'aime cette fête, j'avais oublié ! Violette tira d'un coup sec sa pelote pour la
ramener vers elle. Tu as dit exactement les mots que je voulais entendre. Noël,
c'est merveilleux ! Nous avons bien travaillé au printemps et cet été. Maintenant,
il faut préparer cette noble fête ! Nous allons tricoter, sans plus nous laisser dis-
traire.
Et, cessant son bavardage et ses regrets, Violette se remit à la besogne : plus elle
tricoterait vite, plus vite le temps passerait. Plus la laine se déroulerait, plus Noël
approcherait à grands pas !
Violette et Marguerite guidaient de leurs pieds de curieuses pelotes de laine.