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Les
parents tombèrent de leur haut. Ils firent venir
leur fille devant eux, et, comme Auvette affirmait qu'elle
aimait Yvain et voulait vivre avec lui, ils entrèrent dans
une grande fureur. Ils déclarèrent que jamais un jou-
venceau sans sou ni maille n'épouserait Auvette. Ils
ordonnèrent à Yvain de ne plus revoir leur fille.
Mieux, ils le menacèrent de lui envoyer les gens
d'armes pour le traîner en prison s'il ne quittait pas la
ville aussitôt. Et enfin, ils le chassèrent de leur maison.
Auvette pleura trois jours et trois nuits dans sa
chambre. Au matin du quatrième jour elle cessa de
pleurer et s'étendit sur son lit. |
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Horriblement
pâle, les yeux clos, les mains croisées
sur la poitrine, elle resta immobile, sans manger et
sans boire durant de longs mois. Elle semblait ne plus
entendre la voix de ses parents qui la conjuraient de se
lever.
Elle paraissait morte. Et pourtant un souffle impercep-
tible passait entre ses lèvres blanches. Mais on aurait
dit qu'il n'y avait plus là que le fantôme d'Auvette.
Son père et sa mère se désespéraient. Ils appelèrent
à son chevet les meilleurs médecins, les mages, les
mires les plus réputés, les rebouteux et les guéris-
seuses de bonne fame* à vingt lieues à la ronde.
* fame = renommée en vieux
français. (bien ou mal famé) |
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