Le
voyageur s'installa immédiatement devant la cheminée. Il offrit dos et
mains aux flammes du foyer avec une joie évidente.
- J'espère que m'accorder l'hospitalité, une veille de Noël, ne vous impor-
tune pas trop ? demanda-t-il.
Son regard se posa sur la table de bois où une mauvaise soupe semblait
constituer l'unique plat. Il ajouta, un sourire malicieux au coin des lèvres :
- Mais si je m'invite, il serait peut-être plus poli que je participe à ce repas !
Il posa sur le sol un sac à dos dont il entreprit
de vider le contenu. Il en
sortit d'abord une nappe blanche et de la vaisselle dorée à l'or fin avec
lesquelles il garnit la table avant d'y déposer des mets étranges que Louis
ne connaissait pas : des fruits ambrés, des viandes déjà cuites, aux chairs
parfumées. Tout sentait diablement bon, il en avait l'eau à la bouche !
Le visiteur l'invita à se joindre à lui pour déguster ce festin de roi. Et tandis
qu'il parlait, parlait, parlait, de sa vie passée, Louis mangeait avec entrain.