Un matin de Pâques,
le vent et le soleil observaient un homme, un
voyageur, se hâter sur la route. Sa pèlerine
et ses souliers couverts de poussière disaient assez qu'il
venait de loin. Néanmoins, il marchait d'un pas allègre en s'appuyant
sur le bâton qui lui servait de canne.
Il portait sur l'épaule un grand sac en forme de polochon.
Ce sac contenait ses vêtements de matelot. L'homme
était un pêcheur qui rentrait chez lui après de longs
mois passés sur l'océan, là-bas, du côté de Terre-Neuve. Comme il
arrivait en haut d'une côte il vit, à bonne distance encore,
les maisons et le clocher de son village, petits, tout petits, comme
des miniatures.
Mais le voyageur sourit de contentement. Il posa son sac à terre et
s'emplit les yeux du paysage. Il s'imaginait déjà chez lui, devinait le
sourire de sa mère et croyait entendre la voix de son père.