Le
lit de la malade fut traîné plus près de la fenêtre pour qu'elle puisse
voir le petit pois qui germait et la mère partit à son travail.
- Maman, je crois que je vais guérir, dit la petite fille, le soir, à sa mère. Le ...petit pois vient si bien. Et moi, je vais sans doute me porter bien aussi, ...me lever et sortir au soleil.
- Je le voudrais bien, dit la mère. Mais elle ne le croyait pas. Cependant, elle mit un petit tuteur près du germe qui avait donné de joy-
euses pensées à son enfant afin qu'il ne soit pas brisé par le vent, et elle
attacha une ficelle du bas en haut de la fenêtre pour que la tige eût un sup-
port pour s'enrouler à mesure qu'elle pousserait. Et c'est ce qu'elle fit. On
la voyait s'allonger tous les jours.
- Voilà qu'elle fleurit ! dit la femme un matin. Elle se prit à espérer, et même
à croire que sa petite fille malade allait guérir. Il lui vint à l'esprit que dans
les derniers temps, la petite lui avait parlé avec plus d'animation, que ces
derniers matins elle s'était assise dans son lit et avait regardé, les yeux
rayonnants de plaisir, son petit potager d'un seul pois. La semaine suivante
elle put lever la malade pendant plus d'une heure. La petite était debout au soleil, la fenêtre ouverte, et là, dehors, une fleur
de pois rose était éclose. Elle sourit à la fleur comme à un ange de Dieu.