Et, c'est à cet instant,
dans ce lieu de paix, qu'elle se souvint des traditions
ancestrales. Autrefois, les femmes partaient quatre soleils et quatre nuits,
dans la forêt pour créer des liens avec la nature, avant de donner naissance
à leur enfant.
Elle se sentit alors plus calme. Elle devait se laisser guider par l'intuition
de toutes ces femmes qui l'avaient précédée, mettre ses pas dans les
leurs avec confiance. Et le Grand Manitou ferait le reste !
" Allume un feu.
Il ne doit pas s'éteindre... " disaient des voix féminines.
C'est donc ce qu'elle fit, obéissante, avec des branches mortes éparses.
Puis une fois que ce fut fait, elle s'assit.
La flamme montait très haut dans l'obscurité, rouge, jaune, vaillante.
Et comme Douce Fleur lui offrait ses mains, elle parla :
" Petite, ne perds pas espoir. Regarde ma force vive, je te la donne. "
La flamme s'élança, grimpa en une immense gerbe crépitante, libre,
et son chant était un long et interminable cri d'allégresse.
" Apprivoise le
vent... "
Douce Fleur laissa alors le vent caresser son visage. Elle ferma les yeux
pour mieux l'écouter...