De même, pour
la chaleur du soleil, l'Idiot avait vraiment
réfléchi. Il était arrivé à l'explication suivante : d'immenses
forêts couvraient une partie de la surface du soleil. Ces
forêts étaient coupées par un bûcheron géant qui livrait
ses bûches à un autre géant, chargé de les brûler dans
un brasier démesuré, à l'opposé des forêts.
Le fameux ballon à vent contribuait à entretenir le feu en
soufflant sur les braises. Toutefois, puisque la nuit il n'y
a pas de soleil et qu'il fallait bien que les géants dorment,
le soir ils devaient recouvrir de cendres les charbons
ardents, comme le faisait sa mère dans la cheminée
de la cuisine, avant d'aller au lit. Pour s'amuser
un brin, les villageois qui le croisaient
dans la rue, les jours de canicule, lui disaient :
- Alors, l' Idiot ? Ils y vont fort les géants, là-haut !
Et l' Idiot répondait : - Ah, ça oui ! Ah, bin oui !
Les gens s'épongeaient le front et riaient, riaient.
" Mais qu'il est donc idiot, l'Idiot ! "