Le soir même, dès qu'il fut rentré de l'école, Pierre raconta à
sa sœur et à ses parents
l'étrange rencontre qu'il avait faite. Mais, au seul nom de Typhanon, tous trois se mirent
à rire et recommandèrent à Pierre d'aller exercer ailleurs ses talents de conteur. Il n'insista
donc pas, et alla se coucher sans même dîner. Il se promit cependant de revenir à la charge
car il savait bien que de convaincre ou non dépendait son bonheur et celui de ses proches.
Et il se sentait si petit. Le jour suivant, il prit donc à part son père et lui répéta
la première prédiction du Typhanon :
- Tu vas te couper la main en fendant du bois.
Mais cette fois-ci son père s'emporta pour de bon :
- Ca suffit avec tes balivernes ! Tu n'as rien de mieux à faire qu'à penser à de telles bêtises
!
Va donc aider ta mère et que je ne t'entende plus parler d'apparitions, de présages et autres
fadaises ! C'est compris ? Pierre s'éloigna, l'esprit inquiet et le cœur triste. Une semaine s'était écoulée depuis que Pierre avait rencontré
le Typhanon, et à vrai dire, il
avait presque oublié cette apparition et ses prédictions funestes. L'après-midi était
déjà bien
entamé lorsque Gribouille (le père de Pierre) s'en alla sur le chemin, une hache sur l'épaule.