|
|
|
| - STOP ! Je suis venue parce que je vous enten- dais hurler tous les deux. Quand je suis entrée dans cette pièce vous vous battiez comme des chiffonniers tous les deux. Ce que je vois c'est que vos affaires à tous les deux sont sens dessus-dessous. Vous allez donc ranger tous les deux. Vous allez le faire tout de suite. J'attends et je regarde. Quand leur mère prend ce ton là, il est inutile d'insister. Il est même superflu de traîner pour laisser faire à l'autre le plus gros du travail. -" Fanny, il te faut une heure pour ramasser ta dînette ? Edgar, ce n'est pas le moment de compter tes crayons de couleur !" Les deux enfants vont et viennent dans la chambre et rangent, rangent... |
Que c'est long de ranger, comme c'est ennuyeux. C'est beaucoup plus facile et plus amusant de tout éparpiller. Edgar se garde bien de ramasser quoi que ce soit des affaires de Fanny. Fanny évite soi- gneusement de ranger quoi que ce soit des affaires d'Edgar. Quand ils se croisent ils se lancent des coups d'œil assassins. S'ils tournent le dos à leur mère, ils se tirent la langue et se font des grimaces hideuses. Au bout d'un temps qui leur semble interminable, Carole s'estime satisfaite par l'ordre remis. - Bien ! Puisque vous avez quitté l'état sauvage, nous pourrions peut-être parler comme des gens civilisés ? Que s'est-il passé pour que vous vous mettiez dans un pareil état ? |
| TEXTE & ILLUSTRATIONS ORIGINALES : © Catherine Bastère-Rainotti |