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Histoire Vécue |
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Je poussai rageusement sur les pédales, c'est alors que la chaîne
tomba sur le sol après s'être cassée. Le cougouar, à cinq mètres de moi, toujours assis à l'orée de la forêt, me regardait impassible. Je lui demandai s'il était content que ma chaîne soit cassée. Pas de réponse. Tout au plus me regardait-il avec dédain. Soudain les claquements d'un feu d'artifice se firent entendre. Je souhaitai une joyeuse année au couguar et je pensai qu'il était vraiment temps que je disparaisse (il pouvait toujours changer d'avis quant à son appétit). |
| Je laissai tomber ma bicyclette sur le bord opposé à
l'endroit où se tenait l'animal et, doucement, m'éloignai à reculons, souhaitant au couguar mes meilleurs vœux. Les deux yeux avaient soudain disparus. Je repris mon chemin lentement, regardant souvent par-dessus mon épaule afin de voir si je n'étais pas suivi. Il m'a fallu vingt minutes pour trouver une maison d'où je puisse téléphoner à mes parents pour qu'ils viennent me chercher. Sur le chemin du retour, je pris conscience que j'avais commencé l'année en causant avec un couguar. Personne ne me croirait. J'avais du mal à y croire moi-même. Mais ces dix minutes avaient été extraordinaires. Je n'avais pas eu peur, je lui avais parlé comme à un vieil ami. |
| Mise en page Catherine Bastère-Rainotti |
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