Une pluie d'or
s'abattit sur la terre, pendant quelques instants avec enthousiasme. Le soleil,
disque pâle, niché dans un halo de brume entama sa marche rituelle dans le ciel.
Un lutin
bouclé sauta hors de son lit. La fenêtre était restée ouverte pour accueillir la
bienheureuse fraîcheur de la nuit. Il poussa les volets de ses mains brunies par l'été
et s'appuya sur la rambarde de bois pour contempler le jardin. Les
pies, ragaillardies par la douce température du matin, se querellaient avec entrain
pour une obscure raison, connue d'elles seules ! Et les poules picoraient déjà au milieu
de ce que ses parents appelaient " la pelouse ", voilà quelques mois. A présent, ce n'était
plus qu'une étendue disparate faite de touffes sèches jaunies et marbrée de taches ocres.
Du coteau voisin, il entendit braire les ânes du père Bernardini : ils attendaient avec
impatience leur maître. Sans doute avaient-ils faim.
Puis
l'enfant, n'y tenant plus, il enfila prestement short et tee-shirt de la veille. Le vent de
la liberté le poussait vers l'extérieur, les devoirs de vacances attendraient.
Il lui fallait profiter des derniers jours de répit avant la rentrée. Il se
glissa dehors, en silence et il alla près du figuier où il ramassa quelques figues miel
en guise de petit déjeuner, avant de s'esquiver sur le chemin.