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        Lire et RéCréer : les vicissitudes d'une mère à plein temps - Chronique de la vie Ordinaire

Apocalypse Eau

Aujourd'hui, Chouchou d'amour est grand et sa baignoire de bébé est devenue étroite.
Donc, vous allez essayer de le doucher. Ce n'est pas gagné. Jusqu'à présent, la salle
de bains ne l'effrayait pas mais là, ça pue la crise de nerfs à plein nez dès le seuil franchi.

Première étape : déshabillez Chouchou. Déjà il commence à pleurnicher que ses jouets ne
flotteront pas dans la douche. Donc il ne veut pas prendre de douche. Restez zen, inspirez
et soufflez calmement, jusqu'à ce que la sérénité revienne. Si elle revient.

Deuxième étape : faites le entrer dans la douche et qu'il se tienne debout sur le joli tapis anti-
dérapant - si jamais il glisse, adieu la douche - là non plus, Chouchou ne se trouve pas bien.
Ce fainéant préfère sa baignoire, où il peut s'asseoir. Quel caractère ! Son père tout craché.

Troisième étape : ouvrez le robinet et réglez le jet d'eau, afin de ne pas faire peur à Chouchou,
ni le brûler. Tâchez d'éviter le drame, c'est encore mieux. Youpi ! Malgré toutes vos précautions
la crise de nerfs commence, pourtant la force du jet ne pourrait pas éteindre une allumette...
Avouez que vous avez beaucoup de mal à comprendre Chouchou. Si, si, je sens qu'une forte
envie de lui mettre une bonne fessée vous démange. Mais réfléchissez bien aux conséquences :
traumatisez votre Chouchou en le tapant et il ne voudra plus reprendre de douche de toute sa vie.
Imaginez-vous la situation et vous verrez que cette pulsion agressive vous passera radicalement.

Le mieux à faire est d'ignorer Chouchou et ses états d'âme. Allez directement à l'étape
savonnage puis concluez par l'étape rinçage. Voilà ! Chouchou a pris sa première douche.
N'est-ce pas une réussite, mmmm ?

D'accord, vous êtes aussi fatiguée qu'après une dure journée de travail. Vous pensez vivement
ce soir qu'on se couche. Mais demain, c'est le jour de repos de votre mari, c'est lui qui se
coltinera la corvée de doucher Chouchou d'amour. Vive les 35 heures....


Quoi ? Encore un cauchemar !

Voilà une énième nuit passée à rassurer Chouchou, qu'il n'y a pas un vilain monstre cannibale,
caché dans son armoire et encore moins sous son lit. Mais il continue de pleurer et vous vous
laissez attendrir. Chouchou va encore dormir dans le lit de papounet et mamounette. Ah ! quel
bonheur !!!

Bien sûr, papounet râle mais lui aussi se laisse tendrement piéger. Le lendemain matin, vous
décidez d'avoir une conversation vitale avec chouchou adoré, sur ce sujet délicat.
-" Tu sais, ce que tu vois en dormant n'existe pas dans la vraie vie. Heureusement, sinon
tout le monde aurait peur de sortir dehors, si tous nos cauchemars étaient réels."
-" Mais mamounette, l'horrible monstre était vraiment là...dans ma chambre...prêt à me
dévorer. Je l'ai vu !"

Bon, expliquez lui calmement, sans vous énerver. Le monstre, quel qu'il soit, ne pouvait pas
être dans sa chambre : parce que cela n'existe pas !!! Profitez-en également pour lui raconter,
que petite fille, vous aviez fait le mauvais rêve qu'un zombie venait vous emporter dans l'au-delà.
Mais tout le monde sait que ce n'est pas réel et que cela se passe dans les petites têtes !!!
Ou alors, j'accepte, si l'on me prouve le contraire, de finir dévorée toute crue par des monstres
cannibales.

Evidemment, Chouchou vous dit qu'il a très bien compris tout ce que vous lui avez expliqué.
Et qu'à partir de cet instant, il se comportera comme un grand Chouchou. OUF ! à vous les
douces nuits.

Devinez qui a encore fait un affreux rêve, où un cruel zombie l'emporte en Enfer ? Et qui va
dormir avec vous ? Hein ? Bonne nuit...


Dans un grand magasin

Assis sur le siège du caddie rempli des grandes courses hebdomadaires, Chouchou d'amour
fait une colère parce que vous avez refusé d'acheter la énième babiole qu'il réclamait à cors
et à cris. Surtout à cris. Stridents. Soyez heureuse : tous les clients de la grande surface où
vous êtes vous regardent et vous jugent.

Comme vous êtes déjà abrutie par la musique idiote et les annonces agressives que les
hauts-parleurs mal réglés du magasin vous distillent dans les oreilles depuis une heure, sans
parler des envies d'achats compulsifs de Chouchou d'amour, vous n'avez pas tout de suite le
" réflexe baffe ".

Vous êtes un peu perdue. Vous essayez de vous convaincre que depuis sa plus tendre
enfance, vous refusez de lui passer tous ses caprices, alors d'où vient le problème ?

Pendant que vous réfléchissez, Chouchou d'amour remet la gomme, il est violet et n'a plus de
souffle, il vous balance quelques bons coups de pieds dans le ventre. Il est à bonne hauteur.
S'il avait été debout, peut-être se serait-il roulé par terre, peut-être se serait-il enfui ? Vous
l'auriez cherché, éperdue jusqu'à ce que vous entendiez dans ces fichus hauts-parleurs mal
réglés que " Chouchou d'amour attend sa maman à l'accueil ".

Dans un rêve vous poussez votre caddie vers la caisse, vous laissez derrière vous les échos
des hurlements de votre mioche. Il vous hait, ce gamin, il préfèrerait que Papy et Mamie soient
ses parents. Ils sont gentils, eux, ils le comprennent, ils le gâtent. C'est ce qu'il clame entre
deux sanglots déchirants.

Chouchou d'amour a passé le week-end chez ses grands-parents, pendant que vous étiez en
escapade avec votre mari, en amoureux. Bien fait pour vous. Papy et Mamie ne sont pas en
charge de son éducation. Ils sont là pour permettre à leur petit-fils ce qu'ils ne vous auraient
jamais passé à vous, leur fille, au même âge.

Prenez donc votre cadeau empoisonné sous le bras et rassurez-vous : vous n'aurez pas le
temps d'aller jusqu'à la caisse avant que Chouchou d'amour ne vous reprenne en otage en
vous broyant le cœur. Vous croiserez bien un autre objet qu'il convoitera et que vous lui
refuserez. Il aura encore l'occasion de vous crier qu'il vous déteste.


Caprice de l'enfant unique

Votre charmant enfant est devenu assez grand pour trouver qu'il s'ennuie tout seul. Autour de
lui, certains de ses amis, ont des frères et sœurs, avec qui jouer, se disputer...

Il est arrivé à la conclusion, qu'il lui faut à tout prix, à lui aussi, un frère ou une sœur. Et à votre
avis, à qui va-t-il demander cela ?
- " Maman, pourquoi je suis toujours seul ? Je m'ennuie ! "
- " Mais tu as plein de copains avec qui jouer à l'école."

C'était une mauvaise réponse. Le voilà qui se lance dans une longue tirade où vous démêlerez
que l'école et les copains qui s'y trouvent ne sont pas en cause, qu'il vous parle de l'impossi-
bilité de jouer aux jeux de société chez lui, du veto qui pèse sur cache-cache, bref, du vide
sidéral de la maison. Il conclura par la phrase fatidique : il VEUT voir dans cette maison
un autre enfant que lui et pourquoi pas deux, pendant que vous y êtes ?

En bref, vous vous trouvez dans une situation assez délicate. Comment lui expliquer crûment
que la simple hypothèse d'élever une deuxième terreur vous donne des sueurs froides ?
Soyez calme, baissez une paupière hypocrite et allez-y pour le baratin habituel :
" Tu sais, papa et moi, nous ne voulons pas un nouveau monstr… heu… bébé. On préfère
s'occuper de toi et te voir grandir. Alors on va attendre encore un peu. Tu comprends, mon
cœur ? "

Votre cœur vous répondra que vous êtes méchante et que vous vous moquez de ce que lui
veut. Pourquoi les parents de ses amis, ont accepté et pas les siens ? Il n'a pas de chance,
vraiment, d'être tombé sur une mère aussi indigne que vous. Egoïste, va !

Juliette SWIGGERS-DOMENECH © novembre 2002 - Tous droits réservés
 

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