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C D L V O |
Et allez, c'est reparti ! J'ai encore reçu un " reply ". Prononcez ripe l'ail. Qu'est-ce que c'est que ce barbarisme ? C'est de l'anglais, ça veut dire répondre. C'est une facilité offerte par toutes les messageries électroniques, dans la section " actions ". On peut choisir de répondre à un message pendant qu'il est affiché sur l'écran en cliquant sur l'option " reply " ou "répondre". Deux options : l'une reprenant seulement l'objet du message reçu (pas bête du tout, permet de vite situer la réponse), l'autre reprenant l'objet ET l'intégralité du texte du correspondant. Ne reste plus, soit au-dessus, soit au-dessous de ce texte, qu'à apporter des commentaires audit texte. Je considère cette deuxième option comme une très bonne technique pour bien faire sentir à l'autre à quel point on le prend pour un crétin de base, un abruti vertical qui oublie systéma- tiquement ce qu'il a écrit la veille ou il y a deux jours, ou il y a une heure… puisque on se sent tenu de lui remettre sous le nez l'intégralité ce qu'il a envoyé. C'est aussi une méthode de feignasse, surtout quand on se contente d'une réponse laconique, deux mots ou trois lignes pour un long courrier. C'est à peu près comme si on prenait une lettre papier qu'on vient de recevoir par la poste, qu'on se serve du verso ou des marges de la feuille pour griffonner une réponse à la va-vite et qu'on renvoie le tout, tel quel. Est-ce que cela vous viendrait à l'idée ? Non, n'est-ce pas ? Alors pourquoi le faites-vous sur ordinateur ? C'est la même chose. Pourtant, il est si facile de faire un " copié-collé " de l'adresse de son interlocuteur dans un vrai nouveau message, tout propre, tout neuf, rien que pour lui. Le "reply" est un procédé agressif qui alourdit considérablement les fichiers, encombre inutilement la bande passante du réseau et les archives courrier du destinataire. Faut-il vraiment que l'informatique et sa nouveauté justifient que la politesse, le bon sens coutumier fichent le camp ? Je DETESTE le " reply " !!!! Tiens, un autre jour que je serai aussi mal vissée qu'aujourd'hui, je ferai moi aussi, des "reply" aux "reply". Je me contenterai d'ajouter l'URL directe de cette chronique à une compilation hérétique, histoire de rigoler un peu et de gagner un temps fou. Catherine Bastère-Rainotti - © Novembre 2002 |