Histoires Courtes Classiques |
|
Guy de Maupassant |
| - Mais pour l'être. Quand un homme se fâche en entendant
dire cette parole, c'est qu'il... brûle. Dans deux mois, vous rirez tout le premier si je parle d'un... coiffé. Alors... oui... quand on l'est, on ne le sent pas. - Vous êtes, ce soir, tout à fait mal élevée. Je ne vous ai jamais vue ainsi. - Ah ! voilà... j'ai changé... en mal. C'est votre faute. - Voyons, ma chère, parlons sérieusement. Je vous prie, je vous supplie de ne pas autoriser, comme vous l'avez fait ce soir, les poursuites inconvenantes de M. Burel. - Vous êtes jaloux. Je le disais bien. - Mais non, non. Seulement je désire n'être pas ridicule. Je ne veux pas être ridicule. Et si je revois ce monsieur vous parler dans les... épaules, ou plutôt entre les seins... - Il cherchait un porte-voix. - Je... je lui tirerai les oreilles. - Seriez-vous amoureux de moi, par hasard ? - On le pourrait être de femmes moins jolies. - Tiens, comme vous voilà ! C'est que je ne suis plus amoureuse de vous, moi. Le comte s'est levé. Il fait le tour de la petite table, et, passant derrière sa femme, lui dépose vivement un baiser sur la nuque. Elle se dresse d'une secousse, et, le regardant au fond des yeux : - Plus de ces plaisanteries-là, entre nous, s'il vous plaît. Nous vivons séparés. C'est fini. |
| Mise en Page & illustration © Catherine Bastère Rainotti |
|