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Guy de Maupassant |
| temps que naissait un enfant ; qu'elle suivait les vicissitudes de sa vie, marquant les bonheurs par son éclat, les misères par son obscurcissement. On croit à l'influence des comètes, des années bissextiles, des vendredis, du nombre treize. On s'imagine que certaines gens jettent des sorts, le mauvais oeil. On dit : "Sa rencontre m'a toujours porté malheur." Tout cela est vrai. J'y crois. - Je m'explique : je ne crois pas à l'influence occulte des choses ou des êtres, mais je crois au hasard bien ordonné. Il est certain que le hasard a fait s'accomplir des événements importants pendant que des comètes visitaient notre ciel ; qu'il en a placé dans les années bissextiles ; que certains malheurs remarqués sont tombés le vendredi, ou bien ont |
coïncidé avec le nombre treize ; que la vue de certaines personnes a concordé avec le retour de certains faits, etc. De là naissent les superstitions. Elles se forment d'une observation incomplète, superficielle, qui voit la cause dans la coïncidence et ne cherche pas au-delà. Or, mon étoile à moi, ma comète, mon vendredi, mon nombre treize, mon jeteur de sorts, c'est bien certai- nement un marchand de coco. "Le jour de ma naissance, m'a-t-on dit, il y en eut un qui cria toute la journée sous nos fenêtres. A huit ans, comme j'allais me promener avec ma bonne aux Champs-Élysées, et que nous traversions la grande avenue, un de ces industriels agita soudain sa sonnette derrière mon dos. Ma bonne regardait au loin un régiment qui passait ; je me retournai pour voir le marchand de coco. |
| Mise en Page & Illustrations © Catherine Bastère Rainotti |
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