Lire & RéCréer - Allégorie de la caverne - Platon Grands textes Allégorie de la caverne Platon (427 - 348 av. JC)
  Socrate - Et si on lui faisait gravir la pente raide, si on l'amenait dehors, à la lumière du
soleil, ne souffrirait-il pas ? Ses yeux éblouis ne seraient-ils pas incapables de distinguer
la moindre chose qu'on lui dirait être vraie ?
Glaucon - Ils n'en seraient pas capables tout de suite.
Socrate - En effet, l'homme devrait s'habituer. Pour commencer, il distinguerait les
ombres des choses. Puis, sur l'eau, par exemple, il pourrait voir les images des hommes
et des autres réalités. Plus tard, il finirait par apercevoir la réalité elle-même. Ensuite, la
nuit, il pourrait regarder les objets dans le ciel, le ciel lui-même, la lumière des astres et
de la lune.
Glaucon - Effectivement.
Socrate - Ce n'est que plus tard, en dernier lieu, qu'il serait capable de distinguer le soleil
lui-même, en lui-même, tel qu'il est.
Glaucon - Nécessairement.
Socrate - En raisonnant au sujet du soleil, il conclurait que c'est lui qui produit les saisons,
qui régit tout dans le monde visible, y compris ce qu'il voyait dans la grotte.
Glaucon - Il en viendrait là.
Socrate - Ne penses-tu pas qu'il s'estimerait heureux de ce changement ? Ne plaindrait-il
pas ceux qui sont restés dans la grotte ?
Glaucon - Oui, certainement.
 
   
Mise en page & illustration © Catherine Bastère-Rainotti
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