Des larmes roulèrent
le long de ses joues et elles allèrent s'écraser au sol, au pied de l'arbre. Cassandre caressa
doucement la tête de l'enfant et murmura :
- Il n'est pas trop tard pour ton cadeau. Regarde dans l'herbe et rentre chez toi, tu es attendu.
Quelques instants plus tard,
dans les herbes folles, là où ses larmes avaient
glissé, Noé découvrit une touffe de fleurs blanches en forme de gouttes d'eau.
Elles brillaient au soleil et penchaient la tête joyeusement vers lui.
Il les déracina avec précaution, les glissa dans sa poche et il rentra chez lui,
le cœur léger.
Quand il fut rentré,
il rassura sa mère d'un long baiser. Il n'eut pas besoin de
parler, ce geste tendre suffit à lui signifier que le temps des querelles était
révolu. Noé ne comprit pas alors que ce baiser de réconciliation, c'était cela,
le plus beau, le vrai cadeau d'une fête des mères.
Un sourire de bonheur illumina le visage maternel.
Dans le secret de
sa chambre le garçon planta les fleurs dans un joli pot de
terre.
Posée sur le rebord de la fenêtre, une tourterelle gris perle le regardait faire.
Elle l'observa longuement, en silence, avant de prendre son envol...